Oh! Great  nous avait habitués dans ses mangas notamment Enfer et Pradis et Air Gear à des démarrages en douceur, une histoire évoluant vite et en tous sens pour un final explosif dépassant les limites du rationnel comme de l’imaginaire. Biorg Trinity, seinen né de son alliance avec Ōtarō Maijō, romancier japonais, ne sera pas en reste.

Synopsis:

2025, le monde est rongé par un mal étrange : Bio Bug. Une maladie à la cause et au remède encore inconnus, qui fait apparaître des trous dans les mains de ses porteurs leur permettant d’absorber et de fusionner avec n’importe quel objet ou être vivant de leur choix s’attribuant ainsi ses capacités.  Apparue pour la première fois en 2014 chez une femme américaine, la maladie s’est répandue comme une traînée de poudre pour atteindre une échelle mondiale. S’ensuivit une guerre entre gouvernements plongés dans l’incompréhension et submergés par la peur et Bugglers (personnes atteintes du Bio Bug). Une drogue, ‘’ drug ‘’,  fut ensuite mise au point pour permettre aux Bugglers de maîtriser leurs facultés, ce qui mit fin à la guerre. Cependant des incidents liés au Bio Bug continuent à survenir.

« Ça craint, je crève littéralement d’amour pour Enomoto Fumiho. »

Nous suivons les aventures de Fuji, jeune lycéen rêveur et maladroit, fou amoureux de sa camarade de classe Enomoto Fumiho.
Comme tout héros qui se respecte, Fuji est accompagné de sa petite bande d’amis ; Kiwako, femme-moto et Hosa, ami d’enfance de Fumiho et rival occasionnel de Fuji.
On appréciera leur développement au fil des chapitres et des situations incommodantes auxquelles ils feront face dans ce monde où humains et monstres cohabitent.

Biorg Trinity 4)

Le ton est donné dès les premières pages!

Le manga s’annonce dynamique et complètement mind-fuck. Chaque planche est un régal pour la rétine. Le pitch offrant des possibilités de création illimitées, donne chemin à fusions et combinaisons en tous genres. Une foire de monstres qu’on trouve plaisir à découvrir tout au long de notre lecture. Des Bugglers aux aptitudes toutes aussi originales les unes que les autres ; professeur-navet, femme-girafe, homme-cigarette, une demoiselle aux ciseaux et j’en passe. Le mangaka en sert à toutes les sauces. Il s’en donne à cœur joie, en abuse mais on en redemande. Chaque page n’est que le reflet d’une imagination inépuisable et d’un art ; propre, maîtrisé et bien entretenu. Il a le souci du détail et ça se ressent -je me suis, d’ailleurs, surprise, à plusieurs moments, scrutant minutieusement des planches, m’oubliant à la contemplation de ce qui s’avère être de véritables chefs d’œuvre – .
Comme dans ses précédents mangas, l’auteur de Enfer et Paradis a su donner vie à des affrontements spectaculaires à travers son graphisme typique. Il explore différents angles de capture pour mettre en valeur scènes de carnage et monstres terrifiants.

Biorg Trinity (1)

 

Un scénario sans temps mort.

Un talent mis au service de Ōtarō Maijō pour donner vie à son scénario sans temps mort. Il n’y a pas de place pour la narration. Je m’égare. Relis. Je me perds encore une fois. L’histoire se construit comme un puzzle, au fil des tomes. Notions d’amitié et pensées philosophiques s’entrechoquent. Le héro, Fuji, épris de Fumiho se questionne sur l’univers et son appartenance au monde, sa valeur et le rôle qu’il y joue.

« Peut-on supposer que si le monde n’était  fait que d’une seule chose, personne ne s’en apercevrait? »

Biorg Trinity (3)

L’expérience visuelle et l’originalité de l’intrigue, sa mise en scène et son développement nous accrochent et font la force de ce manga. Retournements de situation et cliffhangers sont là pour nous tenir en haleine.

Biorg Trinity est un manga pré-publié dans le magazine mensuel Ultra Jump de l’éditeur Shūeisha depuis Décembre 2012. Il comprend actuellement 06 tomes reliés au Japon. Je le conseille vivement aux adeptes des mangas de Oh! Great et à tout aficionado de beaux graphismes.