J’ai pris un café avec Ryad Girod

Lorsque je suis tombée en octobre dernier, dans une librairie Place Kennedy à Alger, sur ce roman, plutôt un joli livre, Ravissements, je ne savais pas que j’allais le trouver absolument sublime et je ne devinais pas, au moment de l’acheter, que j’allais finir par faire la connaissance de son auteur, ainsi que de son autre livre, La fin qui nous attend, et qu’échanges après échanges, cet auteur, du nom de Ryad Girod, et moi-même allions finir par nous rencontrer à Bastille, en plein cœur de Paris, au moment où l’après-midi s’étire vers sa fin, pour discuter autour d’un verre et en apprendre un peu plus sur son travail ainsi que ses aspirations, un jour de février assez agréable, installés dans un café aux allures kitschement asiatiques.

J’avais bien évidemment préparé cette interview, formulé quelques questions plus ou moins intéressantes, que je comptais enregistrer, telle une professionnelle, enregistrer mes questions ainsi que ses réponses ses hésitations ses déclarations, les scoops que je pourrai par la suite écrire et publier, mais une fois arrivée, après nous être chaleureusement salués, je sentais bien que mon interview n’allait pas en être une, qu’en réalité, je venais de retrouver un ancien ami, un voisin que je n’avais pas vu depuis longtemps, un ancien camarade de classe contente de revoir, sans protocole aucun.

1er verre

Parce que nous avons ce point en commun je pense, la conversation a d’abord tourné autour de notre origine, d’Alger, mais aussi plus largement de l’Algérie. C’est ainsi que j’ai découvert qu’il était passionné de culture arabe, ce qui m’a étonnée.

Lamya : Mais dans ce cas, pourquoi écris-tu en français ?

Ryad : Parce que je ne maitrise malheureusement pas l’arabe, et puis le français est ma langue.

Lamya : D’ailleurs tu as vécu longtemps en France, pourquoi es-tu rentré à Alger ?

Ryad : C’est la ville où je suis né, là où j’ai grandi ! Je m’y sens bien. Mais c’est vrai que l’Algérie devrait renouer avec sa culture arabe, au sens large, c’est-à-dire arabo-berbéro-musulmane. Elle doit se réapproprier les grands penseurs arabes, ceux qui ont fait l’âge d’or de la civilisation musulmane. Comme  Abdelkader ou Ibn Arabi… Et en particulier, Hallaj, un éminent penseur, un philosophe, et un poète sublime. On pense même qu’il a influencé Spinoza. Ce n’est pas certain… ce n’est pas le plus important… mais on ne devrait pas passer à côté de ces grands noms qui ont fait notre culture.

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J’ai appris qu’Hallaj avait été supplicié pour ses idées, son amour du divin et sa célèbre phrase « Ana El Haq » (Je suis la vérité). Un peu comme Douce, quand j’y pense, dans La fin qui nous attend, personnage qui se fait mutiler à cause de tous les fantasmes qu’elle représentait, et de la peur qu’elle suscitait chez les autres, cette peur d’affronter leur véritable nature. Acte ultime de barbarie. Il est rare de rencontrer des Algériens qui ne brossent pas un tableau noir de leur pays, ou encore qui citent des maîtres soufis…

Lamya : C’est drôle que tu me parles de soufisme. C’est en lisant Soufi, mon amour, que j’ai décidé de commencer à écrire des articles sur mes lectures. Ça raconte la rencontre d’une femme, un peu desperate housewife avec un soufi qui l’initie à cette autre forme de spiritualité. Une lecture plutôt libératrice. En tous cas, c’est rare d’entendre un Algérien parler de soufisme. C’est plutôt vu comme quelque chose de déviant.

Ryad : Nous sommes effectivement perçus par certains comme des hérétiques.

Lamya : Je me souviens que mon prof de philo nous avait raconté l’histoire d’une soufie, Rabia, au 7ème siècle, qui marchait avec une bûche dans une main et un seau d’eau dans l’autre, pour « brûler le paradis et éteindre les flammes de l’enfer », pour qu’on aime Dieu, d’un amour gratuit…

Approbation satisfaite de Ryad. Je continue :

Lamya : Mais, tu te revendiques soufi !?

Ryad : Oui, je suis soufi, bien sûr. Je ne peux pas être musulman si je ne suis pas soufi.

Frappée par cette phrase, par son assurance, son évidence, je demande : Mais qu’est-ce que c’est exactement, le soufisme ?

Ryad : C’est très facile, le soufisme c’est…

Après quelques regards circulaires, et une petite gorgée de café, il reprend…

Ryad : Hah, je retire ce que j’ai dit, bon, ce n’est pas si facile que cela. Mais disons qu’il y a une spiritualité, une lecture métaphysique des choses. Les soufis ont ouvert une autre voie à l’islam, pas celle que proposait l’orthodoxie d’autres courants sunnites ou chiites, pour qui tout cela n’était que politique. Il y a un réel rapport à Dieu, une rencontre mystique, à travers un idéal ascétique. Le même état que celui du prophète lors des révélations. Je suis parti neuf mois en Mauritanie, je voulais partir en Syrie, mais c’était juste après le 11 septembre, et j’ai préféré ne pas y aller, en me disant que la région était dangereuse. Ce que j’appréhendais arrive maintenant en réalité. Bref, j’ai passé neuf mois dans la confrérie Tidjania à Maata Moulana et Chinguetti en plein désert mauritanien.

Lamya : Tiens, cela ressemble à l’histoire de Soufi, mon amour.

Ryad : C’est peut-être moi, ce personnage ?

Lamya : Hah, en tous cas je ne suis pas la femme désespérée ! Mais c’est vrai que je sens, qu’avec le soufisme, beaucoup de jeunes de chez nous,  qui sont coincés entre tradition et modernité, se sentiraient, peut-être, soulagés ne serait-ce qu’en trouvant une autre façon de vivre leur foi.

Ryad : Tout à fait. Il y a déjà eu en Algérie des tentatives de mise en valeur du soufisme pour contrebalancer les pouvoirs des autres religieux. J’aimerais vraiment que cela soit plus répandu. On le retrouve pour le moment surtout dans les milieux artistiques et intellectuels.

2e verre

Nous n’avions toujours pas parlé de son livre le plus récent, La fin qui nous attend, roman qui s’ouvre sur un tremblement de terre, présage de fin du monde. On suit le personnage principal, dont on ne connaîtra pas le nom, et on observe à travers son regard cynique, les dérives inhumaines de cette fin du monde, qui n’en est pas vraiment une, entre les incriminations d’extrémistes d’un côté et les comportements animaliers de la foule, de l’autre. Ce roman offre une galerie de personnages qui semblent irréels, mais qui nous sont pourtant familiers :  cet homme qui a calculé l’heure de la fin de notre monde, cette petite Nourra sous les décombres, cette Douce, prostituée, torturée, symbole de  bonté et d’humanité.
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Lamya : Tu sais que j’ai adoré Ravissements, c’est d’une beauté absolue… mais j’ai un peu moins aimé La fin qui nous attend.

Ryad : Ah, là, tu me fais mal au cœur.

Lamya : Je l’ai apprécié mais disons que je suis partie avec quelques appréhensions, j’avais peur, en voyant le titre, de lire un énième roman apocalyptique qui tombe dans la mode actuelle de l’obsession de la fin du monde. Un peu moyenâgeuse d’ailleurs.

Ryad : Oui, le titre a posé problème. Le livre devait s’appeler « L’excès de bonté mène à l’harmonie » (phrase qui est inscrite à l’entrée du hammam où travaille Douce) mais ce titre a été jugé trop décalé. Il y a eu aussi comme proposition « Nous sommes la fin du monde », mais le livre de Sansal est sorti entretemps, et puis… l’édition est aussi une question de temps.

Lamya : Tu as déclaré avoir fait un livre « politique ».

Ryad : Oui. La fin qui nous attend est un livre politique. Il dénonce. Tu as déjà vu le site Vice News ?

Lamya : Non, du tout.

Ryad. : Jettes-y un coup d’œil. C’est horrible, ces gens qui sont doués et qui produisent des images magnifiques pour montrer les pires horreurs. Ils filment les terroristes de Daesh comme des guerriers. Que va penser un jeune de France ou de Belgique, en voyant ces images d’ailleurs qui lui vendent du rêve, un idéal ?

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Je me suis alors souvenue de cette réflexion qui m’était venue en lisant La fin qui nous attend : déluge d’infos, déluge de photos, déluge d’horreurs. Cette terre anonyme, ce pays dans une guerre non nommée, c’est notre monde actuel, qui enterre ses enfants, et qui scénarise la souffrance des parents « vos guerres, nos morts », c’est ce que nous crions aux gouvernements : vos photos, votre pathos médiatisé, vos plaisirs, c’est ce que nous pourrions crier aux médias.

Ryad : C’est ce que j’ai voulu dénoncer dans mon livre. L’absurdité d’une société déshumanisée. Comme dans cette scène où des gens vont dévaliser les supermarchés alors que la terre vient d’être secouée par un terrible séisme. Ce roman, c’est une démonstration par l’absurde de la déshumanisation du monde.

Lamya : Une démonstration par l’absurde ?

Ryad : Tu as fait un bac L, non ?

Grillée.

Après un petit cours particulier de maths, pendant lequel je me suis entendue penser que j’aurais peut-être revu mon orientation si je l’avais eu lui comme professeur, j’ai pu donc comprendre que La fin qui nous attend prouve qu’il y a encore de l’espoir dans ce monde, mais pas forcément là où on l’attend. L’ironie : la beauté repose dans ce que rejette la société. Dans ce livre, c’est en effet Douce, une prostituée, symbole de phantasmes et d’ignominie, qui est l’être le plus humain. Je lui ai expliqué ensuite comme j’aimais voir les sciences dites dures – ce qui ne veut rien dire, puisque les autres ne sont pas molles – se rapprocher de la littérature, qui est pour moi une autre de la  science, je n’ai pas pu confirmer s’il partageait le même avis à ce sujet, car l’évocation de Douce, de cette femme, m’a rappelé un autre sujet

3e verre

Lamya : Tu as donc aimé le film dont je t’ai parlé ?

Ryad : Les femmes du bus 678 ? Génial !

Les femmes du bus 678 est un film sorti en 2012, réalisé par Mohamed Diab, qui met en scène trois femmes, au destin différent, mais qui s’unissent pour régler leurs comptes à tous les harceleurs qui peuplent les rues du Caire. Elles ont été violées, ou agressées physiquement, et elles répondent par un acte très simple, mais qui sèment la terreur chez ces pervers. Un film tellement puissant.

Les Femmes du bus 678, de Mohamed Diab (2012) / Egypte.

Lamya : Ce film est tellement juste, il n’y a rien à redire. Et leur situation fait peur, enfin moi, parfois j’ai peur que la situation des femmes en Algérie arrive à ce point-là.

Ryad : Je n’espère pas. Mais c’est vrai que les personnages sont très justes. Comme le personnage joué par Bassem Samra. Cet acteur est époustouflant.

Lamya : J’ai détesté son personnage, et tout le genre d’hommes qu’il représente, qui prennent leurs épouses comme des sortes d’esclaves sexuelles…

Ryad : Je pense que ta lecture pourrait être plus subtile, il ne faut pas oublier qu’il est aussi victime de cette société.

Lamya : Peut-être, c’est vrai que je prends un peu trop le parti victimaire des femmes, bien que le patriarcat opprime aussi les hommes.

Moment de silence, bruits de verre sur la table. Ryad reprend.

Ryad : Je ne pouvais qu’aimer,  j’adore le cinéma égyptien. Il n’y a pas de dissonances. Contrairement au cinéma algérien, dans lequel on trouve des accents différents, un manque de cohérence entre l’élocution des personnages et le lieu où ils sont censés vivre.

La pertinence de sa remarque m’a permis de mettre des mots sur un point important de  son œuvre. Le style de Ryad Girod a cette chose que les autres écrivains algériens – voire maghrébins – d’expression française n’ont pas toujours… Je pense à Yasmina Khadra, dont le style parfois pompeux semble vouloir prouver qu’il parle mieux français que les Français, créant parfois une vraie cacophonie, je pense à Saber Mansouri, qui cultive un peu trop cette perte entre plusieurs repères. Les œuvres de Ryad ne sont pas dissonantes, toujours cohérentes, affirmant par là-même sa force d’écrivain, celle d’un vrai écrivain, qui crée une voix, son univers, une voix qui s’amplifie de phrase en phrase, prenant le lecteur dans ce rouleau paraissant interminable de propositions s’accumulant, de verbes de groupes nominaux pas même séparés par une virgule, s’agglutinant dans ces phrases faisant plusieurs lignes de long, assumant cet effet comme pour rappeler les mots de Sainte-Beuve, « le style, c’est l’homme »,  un peu comme ce que j’essaye vainement de construire depuis le début de cet article, mais en bien mieux,  jouant sur le rythme, les répétitions, créant un autre tempo.

 

Justement, le temps passait à une allure folle, mon thé était froid, la lumière se tamisait et je n’avais pas encore posé une des questions les plus importantes pour moi.

4e verre

Lamya : Tu m’avais déjà conseillé de lire Gracq, mais je voulais en savoir plus sur tes influences…

L'écrivain français Claude Simon (1913-), en juin 1978. / Prix Nobel 1985. / France. / 6 - 1978 / 1913 /

L’écrivain français Claude Simon (1913-2005) en juin 1978. / Prix Nobel 1985.

Ryad : Ma première influence c’est Claude Simon. D’ailleurs, on le voit dans mes constructions de phrase, je ne le cache pas. Il manque des points, ça peut gêner. Mais je n’y peux rien. J’adore le style de Claude Simon. Je peux lire un de ses livres en une journée. C’est un mystique de la littérature. Son style c’est de la pure musique. Il utilise le « en » sans cesse, – Ryad tape sur la table en rythme- en//en//en// Claude Simon, c’est de la techno. – Me voyant prendre mon stylo – tu notes hein, Claude Simon, de la techno ! »

Lamya : J’ai essayé de lire Le Tramway, une fois. J’ai détesté haha. Mais tu me donnes envie de m’y remettre. Mais, tout de même, Julien Gracq, Claude Simon… Ryad, tu lis un peu de la littérature chiante, non ?

Ryad : – petit sourire – Bon, c’est vrai que je n’aime pas tout de Gracq non plus, mais prends Le rivage des Syrtes, c’est d’une beauté ! Ah et sinon, j’aime beaucoup Marie Ndiaye, elle est tellement subtile ! Notamment Rosie Carpe.

Premières lignes du Rivage des Syrtes, de Julien GracqPremières lignes du Rivage des Syrtes, de Julien Gracq

Julien Gracq, publié aussi aux éditions Corti comme pour les Ravissements de Ryad Girod, est un écrivain et critique. Son essai En lisant, en écrivant, est, disons… exquis. Claude Simon, lui, est connu pour ses phrases galopant sur plusieurs pages, et son amour des chevaux. Ils ont tous deux profondément marqué la littérature du XXème siècle. Enfin, Marie Ndiaye, au sommet de ce triangle littéraire, un peu isocèle n’est-ce pas, est une des voix fortes de la littérature contemporaine, elle a notamment remporté le prix Goncourt pour ses Trois femmes puissantes en 2009.

5e verre

Lamya : Tu me parlais de Jazz, as-tu un compositeur préféré ?

Ryad : Keith Jarrett. Principalement.

Ryad : Mais j’écoute aussi beaucoup de styles différents. Beaucoup de classique. Et aussi de la musique iranienne.

Lamya: Oh, j’aime beaucoup la musique iranienne, que j’ai découverte grâce au film Nous trois ou rien.

La serveuse passe alors nous demander si nous aurions envie d’autre chose, coupant alors la musique de Ahmed Eli Reyazi que je commençais à entendre au loin. Menus bavardages. Être prof, ici ou ailleurs, son expérience à Riyad, sa vie en France. Puis avant que je n’oublie :

Lamya : Et quels conseils donnerais-tu à une personne qui souhaite écrire.

Ryad : Ah… Lamya, sache que le monde du livre est très difficile. Se faire publier, éditer… Il faut trouver son public. Regarde, toi, par exemple, tu as aimé Ravissements, tu n’as pas aimé La fin qui nous attend, tu aimeras peut-être le prochain, ou peut-être que non.

Lamya : De quoi parle le prochain ?

Ryad : De religion…

Lamya : Oh super, pressée de le lire… Mais quand je te demandais des conseils, c’était plutôt pour l’acte d’écrire même.  Je ne pensais pas à l’édition. Je lis beaucoup, mais je n’arrive pas à écrire.

Ryad : – petit clin d’œil – Allez, tu vas pas me la faire à moi…

Lamya : Non, mais je te jure, je n’écris pas, je lis, mais… comment écrire ?

Ryad : Peut-être que tu lis trop ? Je pense qu’à un moment il faut arrêter de lire. Après chacun est différent. Ou alors, lis de la philosophie. Ça peut vraiment aider.

Lamya : Tu as un rituel d’écriture ?

Ryad : J’ai besoin de n’avoir que ça à faire dans ma journée, je me lève et j’écris. Si je fais autre chose, je ne peux plus me mettre à l’écriture.

Lamya : Je comprends, un peu comme Kant, je crois que c’est lui qui avait l’habitude d’écrire dès le réveil.

Ryad : Oui, Kant était d’une rigueur absolue, il avait un emploi du temps serré qu’il respectait quoi qu’il arrive, écriture puis balade. Le seul jour où il ne l’a pas respecté, c’était le jour de la révolution française.

Lamya : Haha… Ok, en tous cas pour écrire, lire de la philo.

Ryad : Oui, mais surtout pour écrire, pense d’abord à une musique. Le plus important, c’est la musique.

Il était temps de partir, puis, est arrivé un ancien élève à lui, on a alors échangé quelques mots, j’ai pu en savoir plus sur Monsieur Girod, professeur de mathématiques, son humour particulier, ses cours – mélange de théorèmes et de plaisanteries pour rendre le savoir plus attrayant. Puis j’ai filé, mon verre étant vide, et parce que la situation me faisait trop penser à un conseil de classe, un élève, deux enseignants, manquait plus que le tableau noir.

 

C’était la première fois que je rencontrais un écrivain dont j’admirais le travail, et, qui plus est, un écrivain enseignant, franco-algérien, croyant poétique de l’islam : beaucoup de choses qui font que cette rencontre débordait les limites mêmes d’une interview. Si je ne devais retenir qu’une chose, c’est cette assurance, cette pleine confiance dans tout ce qu’il est. Pas de déchirement identitaire, pas de complexe d’être ou de ne pas être, pas de frustration. Une leçon de vie. Je comprenais mieux l’effacement de l’espace-temps ainsi que de l’identité et des origines des personnages dans ses romans ; il bannit toute identification réductrice possible, ne donnant pas ou peu de noms, ni ceux des villes, ni ceux des personnages, créant ainsi des œuvres universelles, évitant les clichés, renouant avec l’idée de l’écrivain apatride, qui n’appartient à aucune terre, sinon aux lieux que lui-même construit… Ryad Girod pourrait vivre à Istanbul, Kinshasa ou en Vendée, ce serait la même chose au fond. Sa vie, sa philosophie seraient tout autant assumées.