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Ses affiches étaient partout, son nom aussi, tout le monde l’attendait.  Alors en passant devant une salle qui le projetait, je me suis dit tiens, et pourquoi pas le regarder ? Ok, je n’avais vu aucun des six premiers mais bon grâce aux médias, et à mon geek de copain, je connaissais bien la trame de l’histoire – Maitre Yoda, Luke Skywalker, #jesuistonpère tout ça, tout ça.

Je suis entrée dans la salle obscure – comme la force – plutôt contente de découvrir ce dernier opus, prise par l’engouement international, presque malgré moi. On appelle ça « la dictature du On » (C’est Heidegger qui l’a dit). Alors je m’installe : petites lunettes 3D, posées sur le nez au-dessus de mes lunettes 2F (double foyer, n’est-ce pas). Ça commence  : le générique, avec l’écriture trop stylée qu’on utilisait tous sur les gros pc pour faire défiler des textes quand l’écran est en veille. C’était difficile de courir après les mots, en anglais et en français, mais le strabisme divergent aidant, j’ai tenu le coup. Vient le  premier paysage, une planète, un peu perdue, deux personnages, ils échangent quelques mots. Y a un robot qui se balade, mais c’est pas R2D2. Arrive aussi un personnage capé de noir, façon tchador de l’espace, mais c’est pas Dark Vador. Chewbacca, c’était bien Chewbacca. Ensuite les paysages se sont succédés et alors que je m’attendais à de la grosse machinerie, j’ai surtout trouvé du sable, des déserts, des vaisseaux un peu cassés, du sable encore… Je me suis dit que c’était quand même un peu cheap.

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Puis il y a eu le grand méchant (ce n’est pas un spoil les gars, tout doux, vous savez très bien qu’il y a des méchants dans l’histoire), en le voyant, on est tous bien d’accord pour dire qu’il ferait bien de retrouver quelques-uns de ses horcruxes pour reprendre des forces. Quoi ? Ah ce n’est pas la bonne saga ? Bon bah alors qu’il prenne un peu de Juvamine… Fait un peu pitié, le mec. Heureusement pour lui, il a un ami méchant, qui l’aide dans sa mission de méchant, mais on sent bien que cet allié n’a pas les épaules du grand Dark, bien qu’il en ait le casque.

Le début du film, l’élément déclencheur, était plutôt grossier, je me suis mise à la place de tous ceux qui ont attendu des années pour avoir une suite, et je ne comprends pas qu’il n’y ait pas eu de grève de la faim. Ils restaient tous là ; assis ; ils mangeaient leurs popcorns.

Sur ce chemin perpétuellement renouvelé vers les étoiles, on rencontre de nouveaux personnages, des humains, des pas humains, des robots, et ils sont assez savamment étudiés pour plaire aux nouveaux spectateurs – comme moi – et satisfaire les anciens – comme toi. Il y a pas mal de péripéties aussi, on court un peu partout, et grâce à la 3D on doit parfois éviter quelques missiles ou autres grosses pierres volantes et violentes non identifiées. On sursaute dans nos fauteuils.

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On est capable de distinguer tous les éléments qui font la matière de la saga dans ce seul film : le manichéisme, la critique du totalitarisme, l’héroïsme, l’universalisme et plein d’autres choses en –isme.  J.J. Abrams a su mettre une bonne dose de tout pour faire revivre l’atmosphère et l’élargir afin de faire encore plus d’heureux (ou d’euros, ça rime, après, tout dépend s’il pense en dollars ou pas). La balade était agréable, je pourrais même lui dire « merci pour ce moment », seulement j’espérais voir THE épisode, celui qui resterait marqué dans les annales

Malgré tout, à la fin, j’en voulais encore : j’étais prise dans l’engrenage. Suivre des personnages pleins d’humanité dans leur combat contre les Forces d’un Mal qui semble incurable, ça me parle.  Je pensais, avant de le voir, que ce volet serait le septième et dernier, une suite et fin. Or, la suite ouvre le pas à une autre suite. En gros, Star Wars, c’est l’histoire sans fin : j’étais pas au courant.

De fait, alors que je pensais assister à la fin d’un monde, j’ai pu en voir un nouveau naître sous mes yeux, et renaître pour d’autres, et ça c’est chouette. Le numéro 8, je ne sais pas si j’irai le voir, mais je verrai surement les six premiers.

Commencer Star Wars par la fin, ce n’est pas compliqué, on n’est pas perdu, au contraire. Cette expérience permet de se rendre compte de l’emprise qu’ont les médias, la mondialisation culturelle, et tout simplement la pop-culture sur nos vies. Une emprise plus ou moins positive, mais toujours systématique. On pourrait en faire une thèse d’ailleurs, mais en faire un article est tellement plus funky.

Et puis, on ne pourrait pas y mettre ce genre de photos.

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