Oublions notre ami aux 36 selfies/jour, notre collègue qui poste tous ses déjeuners mais pas le couscous du vendredi, ou encore celui qui prend en photo n’importe quoi en ajoutant #art… Faites place aux must-follow des internets !

Postures étranges, peau blanche, petites mains, paupières lourdes, regards mélancoliques, bouches fermées, longs cous et cheveux sous forme de masses noires, telles un large déversement d’encre. En somme, c’est à ça que ressemblent la plupart des femmes peintes par l’irakienne Hayv Kahraman.

Ayant plusieurs projets tout aussi fascinants et profonds les uns que les autres, il est impossible de tout résumer en un seul compte Instagram, encore moins en une photo de profil illustrant deux jolies couilles pendouillantes. Oui, c’est vrai. Son compte regorge de détails de ses tableaux, de croquis et de photos de son processus de création, mettant le doigt sur certains aspects -techniques et esthétiques- qu’on ne verrait pas au premier coup d’œil.

Tiny Lens 1 - Hayv Kahraman2Ses œuvres, très personnelles, racontent le quotidien oppressant des femmes en Irak et au Moyen-Orient, sujettes aux violences, persécutions et parfois poussées au suicide ou à l’immolation. Mais elles parlent aussi de son quotidien à elle et de son histoire en tant que réfugiée et exilée, de la guerre contre un pays où elle ira vivre 20 ans plus tard et de son identité de plus-si-irakienne-que-ça.

On reconnaît à travers les traits des femmes de Hayv, fragiles, belles et délicates, l’influence des miniatures persanes et soufies, les traditions esthétiques de l’art islamique, de l’art nouveau et de la renaissance italienne. Oui elle pèse dans le game. Les caractéristique de ses peintures, comme décrit en introduction de l’article, rappellent aussi les dessins japonais de l’ukiyo-e, mouvement artistique qui a vu grandir Hokusai (mais si, celui qui a dessiné la grande vague là, le mec qui a inventé le mot « manga », c’est lui !), où l’on retrouve des visages et postures aux formes similaires.Tiny Lens 1 - Hayv Kahraman4

Dans son dernier projet « How Iraqi are you? », toutes les figures féminines sont des extensions d’images de son propre corps qu’elle a elle-même photographié. Un projet basé sur les Maqamat (ou Séances) du savant et écrivain arabe Al Hariri (1054-1122) sur le quotidien des irakien de ce temps.

Le format des Tiny Lens ne me permettant pas de m’étendre trop sur ses travaux, au risque de vous faire chier. Voici donc une sélection de ses plus beaux posts. Instagram only.

Les nombreux autres projets de Hayv Kahraman sont à découvrir sur son site.