Oublions notre ami aux 36 selfies/jour, notre collègue qui poste tous ses déjeuners mais pas le couscous du vendredi, ou encore celui qui prend en photo n’importe quoi en ajoutant #art… Faites place aux must-follow des internets !

On rêverait de les avoir en tableau dans notre salon. Déjà, parce qu’on s’en vanterai devant tout le monde, et surtout parce que les portraits de l’iranien Ali Sabouki (@alisabouki) dégagent ce petit je-ne-sais-quoi qui nous laisse parfois figé en face d’une photographie, l’auscultant durant des heures sans savoir pourquoi.

Les postures, les regards, les expressions faciales, nous rappellent forcément les portraits de la renaissance italienne. Ali retrouve dans cet art un « travail sur la lumière, la composition et les couleurs très riche, original, pure et plein de mystèresChaque fois que l’on regarde une oeuvre de la renaissance italienne, elle nous fait réfléchir, et plus notre perception de l’oeuvre se construit, plus on est impressionné par elle. Alors peut-être que j’ai été influencé par l’art de la renaissance. »

Mais l’influence principale de ses créations reste la culture et l’art persan et oriental de manière générale.

Les âmes que capture Ali Sabouki, fragiles, vulnérables, parfois méprisantes, sont paradoxalement presque inexistantes, comme si que les personnes n’était plus vraiment là. Des photos sans âme, et pourtant débordantes d’émotion.

Ses portraits dégagent cette étrange atmosphère, à l’aspect très poétique, religieux, voire sensuel ou folklorique. « Je crois que l’homme moderne s’est beaucoup éloigné de sa réalité, contenant pureté et profondeur », raconte-il« Ce que j’essaie de faire en tant qu’artiste est de montrer une nouvelle perception de l’humain. Peut-être observer mes photos guidera les gens vers leur vraie réalité, leur faire avoir une meilleure perception de la vie. »

La magie de ses portraits est surtout le fruit du remarquable travail sur les mains. « On dit toujours que “les yeux ne mentent pas.” A mon avis, ce sont les mains qui ne mentent jamais. » Dans beaucoup de ses portraits, les mains ont une représentation certaine et suggèrent un message particulier. « Si vous jetez un œil à l’histoire de l’humanité, vous verrez que les mains ont toujours joué un rôle très important dans l’art et essentiellement dans les rituels de toutes les religions. Comme si que les mains étaient fortement liées à la spiritualité et la théologie. »

« Je pense que les formes de la main ont un sens profond en eux-mêmes et ils sont souvent plus importants que les visages. »

Les projets du jeune chauve à la barbe douce sont à découvrir et à suivre sur son site et Instagram.

Très similaire dans le style, s’éloignant parfois du portrait sans pour autant en être moins impressionnante, Sedre Yari (@sedre.yari), photographe iranienne, est elle aussi une must-follow avec ses scènes angéliques et ses petites séquences vidéo contemplatives.